PATRICIA ROUSSET

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Dysphorie de genre

Dysphorie de genre : accompagner le sujet et soutenir les parents

 

Une lecture psychanalytique des enjeux psychiques et familiaux

La dysphorie de genre est aujourd'hui un motif de consultation de plus en plus fréquente, tant chez les enfants, les adolescents que chez les adultes. Elle suscite souvent une grande souffrance psychique chez le sujet concerné, mais également une profonde désorganisation émotionnelle au sein de la famille, en particulier chez les parents.

La psychanalyse propose un cadre spécifique pour penser ces situations complexes, en prenant en compte la singularité du sujet, son histoire, son rapport au corps, à l'identité et au lien à l'autre, sans réduire la problématique à une seule dimension sociale, médicale ou idéologique.

 

Comprendre la dysphorie de genre

La dysphorie de genre se définit comme une souffrance liée à l'inadéquation ressentie entre le sexe assigné à la naissance et à l'identité de genre vécue subjectivement .

Ce qui fait symptôme n'est pas l'identité en elle-même, mais bien la souffrance psychique qui l'accompagne.

Du point de vue psychanalytique, il est essentiel de rappeler que :

  • l'identité ne se construit pas uniquement sur des données biologiques,

  • elle est le fruit d'une histoire psychique , relationnelle et symbolique,

  • le rapport au corps est toujours médiatisé par le langage, le regard de l'autre et les premières relations.

La psychanalyse ne cherche donc pas à valider ou invalider une identité, mais à entendre ce que cette question vient dire du sujet , de son rapport à lui-même, à son corps, à ses identifications et à son histoire.

 

Accueillir la parole du patient : une nécessité clinique

Chez les patients présentant une dysphorie de genre, on retrouve fréquemment :

  • une grande détresse psychique,

  • un sentiment de décalage ancien,

  • parfois une pensée très élaborée, notamment chez des profils HPI ou atypiques,

  • une difficulté à mettre en mots ce qui se vit corporellement.

La psychanalyse offre un espace où :

  • la parole peut se déployer sans injonction ,

  • la temporalité du sujet est respectée,

  • Aucune solution n'est imposée d'emblée.

Il s'agit d'un travail de mise en sens, permettant au sujet de ne pas être réduit à une identité ou à un diagnostic, mais reconnu comme sujet de son histoire .

 

La place essentielle des parents et de la famille

Lorsque la dysphorie de genre concerne un enfant ou un adolescent, la souffrance ne se limite jamais au seul sujet. Les parents se trouvent souvent confrontés à une expérience psychique bouleversante, faite de :

  • sidération,

  • peur,

  • incompréhension,

  • parfois de conflits internes ou familiaux.

Un point central, fréquemment rencontré en consultation, est ce que l'on appelle peut le « deuil de l'enfant perdu » .

 

Le deuil de l'enfant imaginé

Les parents construisent, consciemment ou non, une représentation de leur enfant avant et après la naissance.
Lorsque l'enfant exprime une dysphorie de genre, cette représentation peut s'effondrer, entraînant un véritable travail de deuil psychique :

  • deuil de l'enfant tel qu'il avait été imaginé,

  • deuil des projections futures,

  • deuil d'une continuité supposée entre corps, sexe et identité.

Ce deuil est souvent indicible , car socialement peu reconnu. Les parents peuvent alors se sentir coupables de leurs affects ambivalents : tristesse, colère, peur de perdre leur enfant, tout en souhaitant le soutenir.

L'accompagnement psychanalytique permet :

  • de légitimer ces effets ,

  • de les décisions sans jugement,

  • d'éviter qu'ils ne se transforment en rejet, surprotection ou rupture du lien.

  •  

Travailler le lien plutôt que figer les positions

L'enjeu clinique n'est pas de prendre parti pour ou contre une position identitaire, mais de préserver et restaurer le lien psychique et symbolique entre les membres de la famille.

Dans ce cadre, la psychanalyse aide à :

  • remettre de la parole là où le choc a figé les échanges,

  • différencier l'enfant réel de l'enfant fantasmé,

  • permettre aux parents de continuer à occuper une place contenante,

  • soutenir le sujet dans son processus psychique propre.

  •  

Une approche particulièrement indiquée pour les profils atypiques

Les situations de dysphorie de genre concernent fréquemment les profils :

  • à haut potentiel intellectuel ou émotionnel,

  • présentant une grande sensibilité,

  • ou un fonctionnement neuro-atypique.

Chez ces sujets, la question identitaire est souvent pensée de manière très élaborée, parfois précoce, mais cela n'exclut ni la souffrance ni la confusion.
La psychanalyse permet ici un travail en profondeur, respectueux de la complexité psychique, sans réponses standardisées.

 

Conclusion

La dysphorie de genre ne peut être abordée que sous l’angle médical ou sociétal. Elle engage des dimensions intimes, inconscientes et relationnelles, tant pour le sujet que pour sa famille.

La psychanalyse offre un cadre éthique et structurant pour accompagner :

  • les patients dans leur singularité,

  • les parents dans leur travail de deuil et de réajustement,

  • les familles dans la préservation du lien.

Elle permet de redonner une place centrale à la parole, là où la souffrance tend souvent à réduire chacun au silence ou à des positions figées.

 

 

Sources professionnelles et scientifiques Haute Autorité de SantéPrise en charge des enfants et adolescents en questionnement de genre.

  • INSERMDysphorie de genre : données cliniques et enjeux psychiques.

  • Société Psychanalytique de Paris – Travaux cliniques sur l'identité, le corps et la subjectivation.

  • Association Française de Psychiatrie – Réflexions cliniques sur l'accompagnement des familles.

  • Laplanche J., Pontalis J.-B. – Vocabulaire de la psychanalyse , PUF.

  • Freud S. – Trois essais sur la théorie sexuelle , Le Moi et le Ça .