Christelle FERREIRA

Christelle FERREIRA

Thérapeute
Parfaitement imparfaite : mon chemin vers la liberté

Parfaitement imparfaite : mon chemin vers la liberté

Pendant des années, j'ai coché toutes les cases du parcours "sans faute" : bonne élève, pas de crise d'ado, réussite dans mes études, et puis cette carrière de Responsable RH où je donnais tout, vraiment tout. Mon look était soignée, ma disponibilité totale, mes dossiers rendus dans les délais avec une qualité irréprochable. Je gérais seule plusieurs centaines de salariés basés dans différents pays et toutes les mobilités que la direction avait en tête, à faire des simulations qui n'aboutissaient pas... Et quand j'ai demandé de l'aide à ma direction ? On m'a répondu que ce n'était pas possible et que j'y arrivais seule.

 

Le problème, c'est que j'y arrivais... en m'épuisant.

 

 

Le jour où j'ai dit stop

Mon déclic n'a pas été spectaculaire. Pas d'effondrement dramatique ou de burn-out foudroyant. Juste cette prise de conscience progressive : je me tuais à la tâche pour prouver quoi, exactement ? Que j'étais capable ? Que j'étais indispensable ? Que je méritais ma place ?

 

Alors j'ai fait quelque chose qui ne me ressemblait pas du tout : j'ai arrêté. J'ai quitté ce poste, ce rythme, cette course effrénée vers une perfection qui, de toute façon, n'existe pas.

 

Et vous savez quoi ? Le monde ne s'est pas écroulé.

 

 

La reconversion qui transforme

Aujourd'hui, je suis thérapeute depuis bientôt 3 ans. Cette transition ne s'est pas faite du jour au lendemain. J'ai pris le temps de faire ma propre thérapie (oui, les thérapeutes vont en thérapie, et c'est même essentiel !). J'ai lu des livres qui m'ont fait sourire et réfléchir. J'ai appris, petit à petit, à desserrer l'étau.

 

Et surtout, j'ai accepté d'être parfaitement imparfaite.

 

Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire que je ne me maquille plus si je n'en ai pas envie. Que je privilégie les vêtements confortables plutôt que "ce qu'il faut porter". Que je me fais passer en priorité sans culpabiliser. Que je peux dire non. Que je peux être fatiguée. Que je peux être humaine, tout simplement.

 

 

Et si vous aussi vous lâchiez la pression ?

Peut-être que vous vous reconnaissez dans mon parcours ? Peut-être que vous aussi, vous vous épuisez à vouloir être à la hauteur, à en faire toujours plus, à ne jamais décevoir ? Peut-être que votre entourage vous répète "mais tu gères tellement bien" sans voir les fissures qui se creusent en vous ?

 

Je voudrais vous dire ceci : vous n'avez pas besoin d'être parfait pour être aimable, valable, digne d'estime. Votre valeur ne se mesure pas à votre productivité, à votre apparence impeccable ou à votre capacité à tout gérer sans broncher.

 

Ce chemin vers l'acceptation de mes imperfections m'a appris quelque chose de précieux : c'est justement dans mes fragilités, dans mes limites assumées, que je suis devenue plus authentique. Et c'est cette authenticité qui me permet aujourd'hui d'accompagner mes clients avec plus de justesse et de compassion.

 

L'imperfection comme force

Aujourd'hui, quand je reçois quelqu'un en thérapie qui s'épuise à vouloir bien faire, qui se met une pression énorme, qui ne s'autorise aucune faiblesse, je le comprends de l'intérieur. J'y suis passée. Et je peux témoigner qu'il y a une vie après la perfection. Une vie plus légère, plus vraie, plus vivante.

 

Alors si vous lisez ces lignes et que vous vous sentez concerné, je vous invite à vous poser cette question : et si vous vous autorisiez à être imparfait ? Juste un peu, pour commencer. Un petit pas après l'autre. Vous verriez que le monde ne s'écroule pas. Au contraire, il devient plus doux.

 

Parce qu'au fond, nous sommes tous parfaitement imparfaits. Et c'est très bien comme ça.