Comment le corps participe à la gestion de la con-fusion entre soi et organisation au cours du burnout ?
Résumé
Cette étude exploratoire s’intéresse à la trajectoire du burnout appréhendée comme un conflit de cultures. Nous nous interrogeons quant à la manière dont le sujet est amené à dépasser la tension interculturelle sous-jacente.
Notre partie théorique met en évidence un contexte culturel propice à une confusion des sphères privées et professionnelles. Également, la symptomatologie singulière du burnout résulte autant de caractéristiques individuelles qu’organisationnelles. Aussi, les différents symptômes s’avèrent soit complices de mécanismes de défenses, soit proposent d’autres modalités réactionnelles. Enfin, le temps de l’arrêt favorise des réaménagements identitaires.
Afin d'appréhender cette étude dans une perspective diachronique, nous mobilisons le concept de Réactions Psychologiques Transitoires (RPT). Nous postulons qu’une identité interculturelle se dessine au cours du burnout, au gré de l’enchaînement de mécanismes de défense et de manifestations du corps-seuil. Nos hypothèses opérationnelles croisent ces deux modalités réactionnelles avec les processus de l’interculturation. Nous procédons à des entretiens semi-directifs, et à une analyse catégorielle de l’un d’eux. Nos résultats mettent en évidence le recours à différentes RPT, avec une alternance entre ces deux modalités.
Suite à un ajustement majoritairement pragmatique, le burnout s’apparente à une attitude de contre-acculturation. Ce renversement marque un tournant et semble amorcer un processus d’interculturation. On observe alors divers changements dans la manière d’assimiler, de se différencier et de métaboliser l’altérité culturelle. La trajectoire d’ensemble témoigne d’une recherche d’équilibre entre des positionnements et l’expérimentation de leur contraire. Le parcours du dépassement du burnout met ainsi en lumière une logique dans la transformation identitaire esquissée au fil du temps et des RPT.